Une terrasse en pavés anciens : 80 m² posés à la main
Au pied d’une maison ancienne aux volets rouges, nous avons posé 80 m² de pavés de récupération, un par un. Retour sur ce chantier, étape par étape, et sur ce qu’il faut savoir avant de choisir des pavés anciens pour sa propre terrasse.
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Une belle maison, un sol en terre
Devant la façade, il y avait de l’herbe grillée par l’été, de la terre nue le long du mur et une grande plante grimpante qui court sur toute la longueur de la maison. Les murs enduits, les encadrements en brique et les volets rouges donnent le ton : ici, des dalles grises bien alignées auraient fait l’effet d’une pièce rapportée.
Le projet tenait en une phrase, créer une terrasse de 80 m² qui donne l’impression d’avoir toujours été là, et les pavés anciens répondent à cette envie. Ils ont déjà vécu, leurs arêtes sont adoucies, leur couleur a pris la patine du temps, et ils vont avec la brique comme avec la pierre.
Des pavés qui ont une histoire, souvent locale
On appelle pavés anciens les pavés de récupération : ils viennent de rues, de cours de ferme ou de places qu’on a démontées. Chez nous, dans le sud de l’Essonne, ils ont parfois une origine assez proche. Au XIXe siècle, quand Paris refaisait ses chaussées, des carrières de grès ont été ouvertes dans la vallée de l’Essonne, du côté de La Ferté-Alais, et le massif de Fontainebleau en fournissait déjà depuis des siècles. Une partie de ces pierres revient aujourd’hui sur le marché de la récupération.
On ne peut pas retracer le parcours de chaque pavé, bien sûr. Mais le grès a une qualité que les pavés neufs n’ont pas toujours : il a déjà supporté des décennies de roues et de sabots, il ne craint ni le gel ni le soleil. Sur une terrasse, il n’a plus rien à prouver.
Revers de la médaille, aucun pavé ne ressemble à son voisin. Les tailles varient, les épaisseurs aussi. Leur charme vient de là, et leur pose aussi : on ne les travaille pas comme des pavés neufs.
Le décaissement, l’étape qu’on ne voit plus

Une terrasse en pavés tient d’abord à ce qu’il y a dessous. Le chantier a commencé par un décaissement de toute la surface : on retire la terre sur la profondeur nécessaire pour loger une couche de fondation compactée, le lit de pose et l’épaisseur des pavés. Ce travail de décaissement à la mini-pelle décide de la tenue de la terrasse dans dix ou vingt ans. Un fond mal compacté, et les pavés finissent par onduler.
Le fond de forme reçoit aussi une légère pente, de l’ordre de 1 à 2 %, pour éloigner l’eau de pluie de la façade. Devant une maison ancienne, ce détail compte beaucoup. Ses murs n’ont souvent pas de protection contre l’humidité, et une eau qui stagne contre le pied du mur finit par remonter dedans.

Une pose en deux temps
Nous avons choisi des pavés de plusieurs tailles. La pose s’est faite en deux temps.
D’abord la ceinture : trois rangées des plus gros pavés dessinent le contour de la terrasse. Elle a deux rôles. Elle donne un bord net du côté du jardin, et surtout elle bloque tout ce qui est posé à l’intérieur. Sans cette butée, les pavés du centre s’écarteraient peu à peu sous les pas et avec les cycles de gel et de dégel.

Ensuite le centre : des pavés plus petits forment la surface, ponctués çà et là de quelques gros pavés repris de la ceinture. Ces gros pavés isolés cassent la monotonie et donnent du rythme à l’ensemble, un peu comme sur les vieilles places de village.
Pourquoi parler de pose à la main ? Parce qu’avec des épaisseurs qui varient d’un pavé à l’autre, il faut régler la hauteur de chacun. On le tape à la massette, on vérifie à la règle, on le reprend si besoin. C’est long, et c’est la seule façon d’obtenir une surface régulière avec des pierres qui ne le sont pas. Ce type de terrasse fait partie des chantiers d’aménagement paysager qui demandent le plus de patience, et ceux dont on est le plus fier une fois terminés.
Avant de vous lancer : ce qu’il faut savoir
Une terrasse en pavés anciens demande plus de temps qu’une autre, et elle dure en conséquence. Quelques points à avoir en tête avant de vous décider.
Le temps de pose. Comptez plus de temps qu’avec un pavé neuf calibré. Le tri, le réglage et la coupe de certains pavés prennent des heures, et ce temps se retrouve dans le devis. Pour une zone de passage ou de stationnement, le gravier stabilisé se pose bien plus vite tout en restant perméable : c’est la solution retenue pour deux places de stationnement le long d’un vieux mur en pierre.
Le confort sous les pieds. La surface d’un pavé ancien est bombée et irrégulière. Joli, mais une chaise peut y boiter. Si la terrasse doit accueillir une table, il existe des pavés anciens dont la face du dessus a été sciée : on garde l’aspect de la pierre avec un sol plus plat.
L’entretien. Avec des joints au sable, l’eau s’infiltre entre les pavés, ce qui évite les flaques. En contrepartie, quelques herbes s’installent dans les joints, et la mousse aime les zones à l’ombre. Un passage à la binette et un peu de sable de temps en temps suffisent.
La cohérence avec le reste. Une terrasse ne vit pas seule. Si l’allée qui y mène ou la cour devant le garage sont dans le même matériau, l’ensemble paraît pensé d’un seul geste. Nous réalisons aussi des cours et allées en pavés dans cet esprit.
Le résultat : une terrasse qui a déjà l’air ancienne

Une fois les joints garnis et la terre remise en place autour, la terrasse s’est fondue dans le décor. La pierre répond à la brique, le gris clair des pavés fait ressortir le rouge des volets, et la ceinture dessine une limite nette avec le jardin.
C’était tout l’enjeu du projet : qu’en passant devant la maison, personne ne se dise qu’il s’agit d’une terrasse neuve. Nous avons travaillé dans le même esprit autour d’une autre maison en pierre, en reprenant d’un même trait la cour, l’allée et une bande de roulement.
Vous avez une maison ancienne et une idée de terrasse ? Nous nous déplaçons gratuitement pour voir les lieux, vous conseiller sur les pavés et vous remettre un devis détaillé.


